Ustaza à Paris

L'Agenda culturel arabe – باريس عاصمة العروبة

Sélection ustazesque des 15e journées cinématographiques dyonisiennes

CINEMA. DU 4 AU 10 FEVRIER 2015. CINEMA L’ECRAN (SAINT-DENIS). PLUS D’INFORMATIONS ICI.

 Jeudi 5 février à 18h30 – Leila et les Loups de Heiny Srour

Liban/1984/couleur/1 h30/VOSTF/16 mm avec Nadia Zeitouni, Rafic Ali Ahmed.

Capture d’écran 2015-02-03 à 13.44.45Leila, étudiante libanaise en exil, lutte contre le conformisme de la version coloniale et masculine de l’Histoire et voyage à travers le temps et l’espace à la recherche de la mémoire collective des femmes palestiniennes et libanaises. « Les éléments à l’image apparaissent comme les traces d’une autre culture, trop peu visible sur nos écrans: le récit tourne le dos aux codes narratifs habituels de façon ostentatoire et revendicatrice, les sonorités ne sont pas familières, non plus que les métaphores visuelles. L’actemilitant de Heiny Srour ne concerne ainsi pas uniquement les considérations géopolitiques de son temps,mais englobe égalementsavolonté d’exprimer une voix fondamentalement orientale, qui ne singerait pas les usages occidentaux. » (Emmanuel Rospiengeas).

Jeudi 5 février à 21h – Self Made de Shira Geffen

Israël/2014/couleur/1 h29/VOSTF/DCP avec Sarah Adler, Samira Saraya, Doraid Liddawi.self made

C’est l’histoire de deux femmes – l’une israélienne, l’autre palestinienne – confinées dans leurs mondes respectifs. Après une confusion à un point de contrôle, chacune se retrouve à vivre la vie de l’autre, de part et d’autre de la frontière. « Jérusalem est le lieu idéal pour cette histoire. Tout comme nos protagonistes, il est divisé par des murs; c’est plus un symbole qu’une ville. Jérusalem a soixante-dix noms, et pourtant il s’agit d’une seule ville, tout comme Nadine et Michal sont deux facettes de la même femme. […] Michal et Nadine s’insèrent l’une et l’autre dans une autre vie du fait de cette séparation entre elles, mais du moment qu’elles ne s’aventurent pas au-delà de leurs rôles très précis et basiques dans la société, personne ne se rend même compte qu’elles ont échangé de vie. C’est cet écart entre ce que la société attend de nous et ce qu’on est que je veux explorer à travers ce film. » (Shira Geffen).

Lundi 9 février à 21h – « Sur la planche » de Leïla Kilani

France–Maroc–Allemagne/2011/couleur/1 h46/35 mm avec Soufia Issami, Mouna Bahmad, Nouzha Akel, Sara Betioui

leila et les loupsAujourd’hui, quatre jeunes femmes de vingt ans travaillent pour survivre le jour et vivent la nuit. Elles sont ouvrières réparties en deux castes: les textiles et les crevettes. Leur obsession: bouger. « On est là », disent-elles. De l’aube à la nuit, la cadence est effrénée, elles traversent la ville. Temps, espace et sommeil sont rares. Ainsi va la course folle de Badia, Imane, Asma et Nawal. « Sur la Planche, de Leïla Kilani, c’est la vitalité prolétaire, une fierté contagieuse. Un flow puissant caractérise la mise en scène – portrait de gamines comme on en voit jamais, qui ne sont pas choisies parce qu’elles flatteraient le regard masculin mais parce qu’elles font dévaler l’histoire comme un tour de magie – à la force du charisme pur. On exulte en compagnie de personnages rauques et trop jeunes pour accepter la défaite sociale. Fluide et dynamique, c’est un film réaliste, qui ne chercherait jamais à rabaisser ses personnages. (Virginie Despentes).

Mardi 10 décembre à 20h45 – « Haramiste » de Antoine Desrosières

France/2014/couleur/40’/DCP avec Inas Chanti, Souad Arsane.

Soirée Coup de Cœur ​en partenariat avec le Panorama des Cinémas du Maghreb et du Moyen-Orient.

HARAM-bandeau-03-03

« Rappelle, car le rappel profite aux croyants » sourate 51, verset 5. Rim, jeune femme voilée de dix-huit ans, rappelle à sa sœur, Yasmina, dix-sept ans, qu’elle ne doit pas aller parler au garçon qui lui plaît. Mais à force de parler de tout ce qui est interdit, cela donne des envies. Le soir même, Yasmina surprend Rim sur un site de rencontres. « Si nos personnages sont à dessein des jeunes femmes portant le voile, c’est qu’il nous semble qu’aujourd’hui leurs droits se retrouvent de toute part – famille, monde extérieur – remis en cause. Elles incarnent ainsi de manière extrême l’éternelle contradiction entre la culture culpabilisante et la nature désirante. C’est en cela que quels que soient notre culture, notre sexe et notre âge, nous sommes tous des jeunes femmes portant le voile. » (Antoine Desrosières).


A propos des 15e journées cinématographiques dyonisiennes : L’écrire une seule fois aurait-il suffit ? Sans doute pas. D’abord, parce que nous avons souhaité donner le nom du titre du film de Paul Vecchiali, à qui nous rendons hommage à travers six films, à cette édition. Ensuite, parce qu’elles sont deux à être nos invitées d’honneur : Virginie Despentes et Lina Wertmüller, dont le cinéma repose sur un même enragement. Enfin, car on pourrait en fait le dire à l’infini, sans craindre trop de le répéter, tant nos sociétés reposent encore largement sur des inégalités entre les sexes.

Dans Sois belle et tais-toi, de Delphine Seyrig (qui sera présenté dans le cadre d’une carte blanche au Centre Simone de Beauvoir), la réalisatrice pose cette question à des actrices : « Si vous aviez été un homme, auriez-vous été acteur ? »Et la réponse, terriblement évidente : « Non, bien sûr ! ». Peut-être serait-il intéressant de poser la même question aujourd’hui à celles qui formeraient une « nouvelle vague » dans le cinéma, qui s’en sont emparées en assumant pleinement leur geste créateur sans pour autant se revendiquer féministes.

Des femmes, il en a bien sûr été question à travers les quatorze éditions des Journées cinématographiques dionysiennes, et il ne faut heureusement pas attendre cette nouvelle édition pour sembler les mettre à l’honneur. Il s’agit bien plutôt ici de faire un état des lieux de ce qu’on a pu appeler « la condition de la femme », des évolutions de la place de la femme dans la société, dans le cinéma et ses représentations, et de le décliner sur plusieurs supports en élargissant le spectre des représentations. Tables rondes, rencontres, lectures en lien avec le Théâtre Gérard Philipe, ciné-concert, retours à plusieurs voix sur le procès de Bobigny avec Anouk Grinberg et Gisèle Halimi : la parole est à la femme. Et c’est peut-être de ça dont il s’agit, de voix, qu’il s’agisse de celles de réalisatrices, de femmes ouvrières (table ronde « Le féminisme ouvrier, c’est quoi ? »), de femmes victimes d’excision (Moolaadé) – dont la pratique existe en France même.

Sept jours de rencontres cinématographiques pour se demander quels reflets apparaissent dans le miroir tendu qu’est l’écran de cinéma lorsqu’on projette FEMMES. Si l’artiste Perrine Dorrin, à qui nous avons confié la réalisation de l’affiche semble nous suggérer que, comme au cinéma, c’est une image inversée qui apparaît, il n’en reste pas moins que l’on y voit aussi deux fois FEMMES, ou plutôt : FEMMES puissance 2 !

femmes

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Cette entrée a été publiée le 3 février 2015 par dans Agenda, Cinéma, et est taguée , , , , .
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