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Ustaza rencontre…Amine Metani, producteur et co-fondateur d’Arabstazy

Bandeau_ShoukaLors de la très réussie soirée « Arabic Sound System in Cairo » à l’Institut du Monde Arabe en septembre dernier, Mettani滅 n’est pas passé inaperçu, malgré son corps peint en noir pour se fondre dans la salle sombre où il présentait pour son nouveau live en avant-première. Egalement directeur artistique du label Shouka, Amine Metani est le fer de lance du collectif Arabstazy : du désert tunisien aux cales du Petit Bain en passant par les studios d’enregistrement de Paname et d’ailleurs, il porte haut les couleurs de la scène électronique pariso-tunisoise. Interview.

Si cette idée lui trotte dans la tête depuis fort longtemps, c’est en 2009 qu’Amine fonde le label Shouka avec son acolyte Nessim –AKA Nazal-, tout d’abord pour éditer le premier album de ce dernier. Depuis, Shouka a édité les productions d’une poignée d’artistes, et le moins que l’on puisse dire est que cette sélection est éclectique. Shouka produit en effet à la fois du stambeli (rite musical à fins thérapeutiques mêlant danses, musique et chants, cousin du gnawa marocain, du diwan algérien ou du makeli libyen, ndU), du reggae-dub (Haydar Hamdi) voire des ovnis inclassables comme A5Tuna ou encore Nazal, qui mélange trip-hop, musique gitane, jazz, mais aussi downtempo et mélodies maghrébines et brésiliennes. Cependant une ligne directrice semble émerger : « Mon travail en tant que producteur et compositeur s’est progressivement concentré autour de la transe, qui est un lien tangible entre certaines musiques traditionnelles, et la scène électronique. C’est pour expliciter ce lien, entre notre héritage culturel et notre goût pour les arts numériques, que j’ai fondé avec Sassouki le collectif Arabstazy, qui émane naturellement des activités de Shouka, tout en revendiquant une identité et une esthétique beaucoup plus affirmées »

Ces synergies qui puisent au coeur du système rythmique de chaque genre sont l’ADN du collectif Arabstazy. Rassemblant une dizaine de musiciens, vidéastes et plasticiens autour d’un goût commun pour ce qui à trait au superstitieux ainsi qu’au côté sombre et magique des cultures nord-africaines, Arabstazy « veut réaliser un véritable syncrétisme, et non pas une simple fusion de façade. Nos performances ne sont en aucun cas orientalisantes. Ce qui nous intéresse, ce serait par exemple de réfléchir au lien qui existe entre les transes électronique, soufie et vaudou. C’est de là que vient le côté rituel que nous transcrivons dans le jeu de scène que nous développons actuellement »

A cheval entre la France et la Tunisie, ce collectif travaille à mettre en valeur les performances de ses membres tout en restant indépendant et autonome, ce qui passe par l’organisation de ses propres soirées (Arabstazy #1/Black spirits et Arabstazy #2/Mauvais oeil au Petit Bain en juin et novembre 2014), auxquelles se greffent des artistes invités comme N3rdistan (Maroc), Wetrobots (Égypte) ou Hello Psych’Aleppo (Syrie/Liban). « Nous proposons volontairement une programmation sans tête d’affiche, chaque artiste apportant quelque chose de différent et complémentaire par rapport aux autres. Nous créons ainsi à chaque événement une expérience à la fois audio, visuelle et sensorielle particulière que nous nous efforçons tant bien que mal de faire accepter aux salles de concert avec lesquelles nous travaillons ». L’unicité de chaque soirée est renforcée par les performances « live » des artistes qui improvisent leur set, « un risque qui vaut la peine d’être pris car il donne tout son sens et sa substance à la performance scénique ». Le collectif accepte également régulièrement certaines invitations, comme celle de l’Institut du Monde Arabe en Septembre 2014, ou du Festival des Oasis de Tozeur en Décembre 2014).

En réflexion constante sur la place du spectacle et de la performance dans la musique électro, Amine insiste sur la nécessité du live et « veut pousser l’interaction avec le public beaucoup plus loin », gage certain de nouvelles découvertes et d’un plaisir décuplé pour les prochains événements Arabstazy prévus au printemps (à suivre sur Ustaza évidemment, ou sur le site d’Arabstazy).

Propos recueillis par Coline Houssais.

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Cette entrée a été publiée le 30 janvier 2015 par dans Interview, Magazine, Musique, et est taguée , , , , , , , , .
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