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Avignon by Ustaza IV : Myriam Marzouki à l’affiche du « In »

« Le Début de quelque chose » – Gymnase du Lycée Mistral – du 15 au 20 juillet à 18h – 1h45 – tarif 14€/22€/28€.

Texte : Hugues Jallon / Mise en scène : Myriam Marzouki / Chorégraphie : Radhouane El Meddeb / Scénographie : Bénédicte Jolys / Interprètes : Christophe Brault, Radhaouane Et Meddeb, Alain Gintzburger, Charline Grand, Johanna Korthals Altès et un choeur.

le début de quelque choseDans un monde en plein bouleversement, au Nord comme au Sud, le théâtre reste pour Myriam Marzouki le lieu où il est toujours possible de prendre le temps de la réflexion, grâce à la fiction qui permet de dépasser une réalité oppressante et mouvante. Cherchant ) sortir du quotidien, des images de magazines, des lieux communs et des analyses superficielles, elle s’empare d’un texte de fiction pour toucher au plus près nos questionnements sur un devenir commun qui éviterait une dérive des continents, un isolement renforçant la peur. En choisissant d’adapter le texte d’Hugues Jallon, « Le Début de quelque chose », Myriam Marzouki nous plonge d’abord dans la réalité d’un pays de la rive sud de la Méditerranée considéré comme terre d’accueil pour touristes rassurés d’être entre eux, protégés dans des clubs fermés. Très vite, elle nous entraîne dans un autre univers où le temps du récit s’étire, où les repères deviennent flous, où le confort des estivants est mis à malle début de quelque chose 2 par des menaces confuses venues de l’extérieur, peut-être celles produites par les révolutions populaires qui ont agité le monde arabe. Aux voix des deux « managers » du centre de vacances, viennent s’ajouter les paroles des résidents portées sur scène par un choeur créé avec les participants d’un atelier qu’elle a mené à Pantin.  Le club devient un lieu retranché, qui tient de l’émission de télé-réalité, de la prison, de l’asile, du camp de transit ou de réfugiés. Au coeur même d’une narration profondément contemporaine, le spectateur est invité à partager un questionnement évidemment politique sur les contradictions qui le traversent. Mis à distance du langage politico-médiatique, qui, trop souvent, réduit et enferme, il faut l’expérience d’une langue poétique, tantôt drôle, tantôt ironique : celle d’une fiction qui devient ici plus vraie que le vrai (JFP).

myriam_marzouki_©Elise-PinelliAprès avoir mené de front une formation universtiaire, qui la conduit à l’agrégation de philosophie, et une formation théâtrale à lEcole du Théâtre national de Chaillot, Myriam Marzouki crée en 2004 la Compagnie du dernier soir. S’écartant du théâtre de répertoire, elle privilégie dans ses projets les adaptations de textes non dramatiques, qui lui semblent plus aptes à parler du monde tel qu’il est aujourd’hui. Cherchant à faire entendre sur le plateau des formes de narrations contemporaines et inventives, elle monte le texte de Jean-Charles Massera « United Problems of Coût de la Main d’oeuvre », puis « Europeana, Une brève histoire du XXe siècle » de Patrick Ourednik et, plus récemment, « Laissez-nous juste le temps de vous détruire » d’Emmanuelle Pireyre. Ses sepctacles reflètent son engagement pour un théâtre politique jouant des ambiguïtés pour « semer le trouble » chez le spectateur. C’est ce sujet qu’elle aborde dans la « Session Poster » organisée par Boris Charmatz en 2011 au Festival d’Avignon. Elle y joue « Invest in Democracy », une conférence théâtrale imaginée à partir de documents politiques, journalistiques et publicitaires publiés avant et juste après la révolution de janvier 2011. 

le debut de quelque chose

Depuis 2004, Hugues Jallon a publié trois ouvrages : « La Base », « Rapport d’enquête sur un point de déséquilibre en haute mer » et « Zone de Combat » qui a été adapté deux fois au théâtre, et enfin « Le Début de quelque chose » en 2011. Trois textes littéraires et politiques, développant chacun une analyse critique du monde et de ses mécanismes de domination, à travers une recherche stylistique qui plonge le lecteur dans des mondes étranges, où la fiction s’appuie toujours sur des réalités facilement reconnaissables. 

L’avis d’Ustaza : un goût d’inachevé…mais vous pouvez entendre d’autres sons de cloches ici et !

Copyright photo MM : Elise Pinelli.

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Cette entrée a été publiée le 17 juillet 2013 par dans Théâtre, et est taguée , , , , .
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