Ustaza à Paris

L'Agenda culturel arabe – باريس عاصمة العروبة

Ustaza rencontre…Houda Ayoub, professeur à l’ENS et architecte de la Semaine arabe

A l’occasion de l’édition 2015 de la Semaine arabe de l’Ecole Normale Supérieure (ENS), Ustaza à Paris est allée rencontrer une véritable ustaza cette fois-ci, Houda Ayoub, professeur d’arabe et mémoire vivante de cet événement. 

Enseignante à l’ENS depuis trente ans, vous avez marqué durablement -et positivement !- des générations d’arabisants. Peut-on commencer par revenir sur votre propre parcours, universitaire et personnel ?

h_ayoub_pCa dépend de quoi…ça dépend à propos de quoi. Je peux dire une chose : la meilleure définition que l’on puisse avoir d’une identité c’est savoir à travers quelle autre identité on perçoit cette dernière. Le filtre devient alors l’élément constitutif de toute identité. J’ai eu la chance de m’être vue française à travers l’arabe et arabe à travers le français.

Je suis née et ai grandi au Liban, où j’ai étudié pour devenir professeur de français langue étrangère et de littérature française. Fonctionnaire de l’Etat libanais, j’ai commencé à enseigner en 1982 dans un lycée à Beyrouth. J’ai alors compris rapidement que je ne pouvais pas, que je ne pourrais pas supporter la situation qui prévalait à cette époque : certains de mes élèves de terminale faisaient partie de milices et venaient armés en cours.

Je suis alors venue faire mon DEA puis mon doctorat en France. J’y ai fait la connaissance du milieu arabisant et on a commencé à me demander de faire des traductions ou des corrections de manuscrits. On remarque mon travail, on l’apprécie et on me demande d’être lectrice…moi qui n’avais pas fait d’arabe depuis le bac je me suis découvert une passion pour cette langue en l’enseignant à des étudiants qui ne la connaissaient pas mais désiraient l’apprendre.

S’est alors ouvert une nouvelle page de mon parcours où je me suis plongée dans ma culture d’origine : j’ai complètement changé sans changer car j’ai senti une certaine cohérence. L’enseignement m’a passionné, tout comme j’ai aimé me plonger dans ma culture d’origine en étant ancrée dans la culture française. Je ne sais pas comment cela se fait, mais cela s’est fait comme ça. Voilà, ça se résume à ça. Il n’y a pas d’identité ou d’appartenance qui ne passe pas par le filtre d’une autre appartenance. Surtout en Méditerranée.

Francophile au Liban et arabophile en France donc, vous avez su concilier ces deux parties de vous-même en toute spontanéité.

Absolument. Je n’ai vécu cela comme un dilemme, mais plutôt comme une continuité : j’enseigne ici l’arabe comme j’enseignais le français là-bas, appliquant à l’un les leçons tirées de l’autre, et vice-versa. J’ai eu la chance de commencer à travailler à l’ENS aux côtés de Daniel Reig, un linguiste de génie qui ne se considérait pas comme arabisant, ou comme orientaliste. Il voulait simplement être un véritable linguiste avant tout, avant d’être reconnu pour sa connaissance de la civilisation arabe. Depuis 1994 je dirige seule le département des études arabes de l’ENS. J’ai aussi longtemps enseigné en parallèles dans d’autres établissements parisiens, notamment à Sciences Po, à Paris III, à Telecom Paris…parfois j’étais professeur principale ici et suppléante là-bas, ou le contraire.

Vous êtes considérée par beaucoup comme la personne qui a ouvert Normale Sup’ aux études arabes.

Pas vraiment, la véritable personne qui a introduit les études arabes c’est justement Daniel Reig, mais je crois qu’à partir du moment où j’ai pris en charge les cours d’arabe cela a pris une dimension un peu totalitaire (rires), c’est à dire que j’ai eu jusqu’à 93 débutants pour une promotion qui n’en faisait pas 150. C’était énorme. Il y a eu un engouement pour l’arabe qui n’avait d’égal que mon propre engouement pour l’enseignement. J’étais passionnée par ce que je faisais, j’enseignais dans une école dont j’ignorais le prestige car je ne connaissais pas encore très bien le système français. Je me demandais pourquoi j’avais tant de plaisir à y enseigner, puis j’ai compris après avoir passé l’agrégation pourquoi le public était un peu particulier.

Au fil des ans j’ai rendu de facto la culture arabe très populaire. Ca s’est fait comme ça, c’était le prolongement de l’apprentissage : j’ai commencé à accompagner mes élèves lors de stages à l’étranger tous les ans. En plus des cours, ces voyages comportaient des conférences, des plongées culturelles essentielles à la compréhension de la société, comme les visites de personnes habitant dans les cimetières du Caire ou des rencontres dans des écoles coraniques.

Sentez-vous en trente ans une évolution de l’intérêt des étudiants pour la langue et la civilisation arabe ?

Oui et non. Les études arabes attirent des gens qui sont en général assez curieux de l’autre, dans son sens le plus immédiat et le plus péjoratif : l’autre comme celui qui n’est pas moi. C’est quelque chose d’assez particulier. On a affaire à des gens qui ne veulent surtout pas se concentrer sur la France, l’Europe, et qui sont au contraire avides de connaître plein de choses différentes et de s’ouvrir à l’autre. Il y a ceux qui s’intéressent à l’arabe comme à une langue morte ou ceux qui sont intéressés par des choses qui ne nous viendraient même pas à l’esprit. Par exemple j’ai eu pour étudiant un jeune agrégé de mathématiques qui voulait lire dans le texte un manuscrit d’algèbre médiéval qu’il avait vu au Maroc. Cet intérêt pour l’arabe indique des questionnements qu’il y a en chacun, de manière parfois très détournée.

J’ai assisté cependant à beaucoup de révélations et de vocations. Ce sont des moments fabuleux car à chaque fois on se rend compte qu’on n’enseigne pas pour rien, jamais. Nous accompagnons et guidons ces vocations ; soit mes anciens élèves sont devenus de très bons spécialistes du monde arabe quelle que soit la discipline (histoire, géo, économie, sciences sociales, littérature, langue…), soit ils en ont fait quelque chose dans leur spécialité principale. Mais il y une certaine humilité à observer, on s’adresse toujours à un public multiple, et chacun fait ce qu’il veut de l’enseignement qui lui est donné. J’ai vu cependant augmenter le nombre de gens qui s’intéressaient à l’époque moderne, surtout en sciences politiques. De plus en plus de gens veulent travailler dans le secteur de la diplomatie, mais je continue à avoir de futurs historiens ou sociologues, tout en ouvrant davantage aux politologues : il y a une désormais une approche plus utilitariste de l’apprentissage de la langue arabe.

Vous vous retrouvez à la tête d’un sacré réseau d’arabisants, donc certain(e)s sont aujourd’hui à des postes très élevés !

J’ai commencé à enseigner l’arabe en 1985, et suis toujours en contact avec certains anciens élèves de cette époque. Je ne citerai pas de noms car je ne veux pas blesser ceux que j’oublierais. Mais quelle que soit la discipline dans laquelle je regarde il y a un, voire plusieurs spécialistes de renom qui sont passés par ma classe, des traducteurs, des enseignants-chercheurs, des ministres…Je les aime tous beaucoup, car contrairement à ce que l’on croit il n’y a pas que le professeur qui marque, mais également les élèves, ce sont eux qui portent la flamme qu’il y a en vous, qui maintiennent ce désir d’enseigner ou de connaître davantage votre domaine de spécialisation. Au-delà même de mes élèves à l’ENS je me suis toujours occupée d’arabisants, quelle que soit leur école : lorsque je partais en voyage d’études dans des pays arabes j’emmenais ainsi des étudiants de Sciences Po, de l’INALCO, de Paris III ou encore de Telecom Paris, autant de profils personnels et professionnels très divers unis par cet intérêt pour l’arabe. Je trouve leur démarche extrêmement touchante.

Venons-en maintenant à la Semaine arabe qui a lieu cette année du 10 au 17 avril : comment a débuté cette belle aventure ?

C’est au cours de ces voyages d’études qu’est né le désir chez mes élèves d’organiser une semaine arabe à l’ENS. Nous avons voulu d’une manière très spontanée faire connaître aux gens ce que nous avions la chance d’apprendre dans nos voyages et nos études. Le thème de chaque semaine naissait pendant ces séjours, puis nous élaborions un programme ensemble selon les cours que les élèves avaient envie d’entendre : on avait envie d’inviter Edward Saïd, on le faisait, les étudiants voulaient inviter des écrivains yéménites dont nous avions traduit les textes, et bien on l’a fait, Mahmoud Darwish et les écrivains palestiniens, on l’a fait, Adonis, on l’a fait…Tout ce dont ils avaient envie, on le faisait avec les moyens du bord. A chaque fois cela créait un événement super et nous avons décidé que rien ne serait payant afin d’ouvrir cette culture à tous les publics.

Nous cherchions à chaque fois les meilleurs spécialistes à condition que ces derniers soient de bons orateurs capables de vulgariser leur propos et d’attirer le plus grand nombre. C’est comme cela que la semaine arabe est née en 1998, de la rage et de la foi également de quelques élèves qui avaient entendu dire que l’arabe n’avait pas sa place à l’Ecole. L’une d’entre elles a dit -et je m’en souviendrai toujours- « je vais leur montrer que la culture arabe à sa place ici ». Ni une, ni deux, elle a alors rédigé devant moi un programme qui a nourri les cinq éditions suivantes ! La Semaine arabe a beaucoup apporté aux étudiants en créant un espace de convivialité qui permettaient aux élèves de communiquer non avec leurs professeurs, mais entre eux.

Quels sont les moments forts qui vous ont marqué selon vous la Semaine arabe depuis sa création ?

…Quand j’y pense je suis émue sur le point de pleurer. Ce qui m’a marqué c’est la beauté de ces jeunes qui vibrent devant la connaissance de n’importe quelle chose nouvelle et qui ont tant d’ardeur à la communiquer. Je me dis que si tout le monde gardait cette fraîcheur là il n’y aurait ni racisme, ni antisémitisme, ni islamophobie…C’est peut-être la beauté de ces instants  d’ouverture qui me touche le plus. J’ai vu des élèves vibrer, heureux de créer un événement. Je les ai vus par exemple accueillir les derviches tourneurs d’Alep ou d’Egypte, je les ai vus magnifiés par la rencontre, alors qu’ils étaient très jeunes, c’est ce qui me touche beaucoup…cela me bouleverse peut-être à cause de ce qui se passe dans le monde arabe et en Europe en ce moment, je ne sais pas pourquoi je suis idiote de pleurer comme ça…je ne savais pas que j’allais réagir de cette manière. Et voilà que je vous fais pleurer vous aussi !

J’ai aussi compris autre chose : je viens de la guerre libanaise, et alors que je me croyais très modérée et ouverte d’esprit, j’ai découvert au fur et à mesure que je faisais la connaissance de mes élèves et de la culture arabe grâce à ces derniers que ce n’était pas tant le cas que ça. La guerre avait installé en moi une clôture qu’il me fallait vaincre pour aller vers l’autre, quel qu’il soit. Cet autre était peut-être moi, y compris dans le monde arabe. Et ce n’était pas aussi simple qu’on peut le croire. C’est en Egypte lors d’un séjour avec mes élèves que j’ai découvert que la victoire, dans une guerre, est la victoire sur soi, c’est à dire la victoire sur toutes les appréhensions qu’on a vis-à-vis des gens : ce n’est qu’en dépassant cela qu’on atteint une sérénité et qu’on peut s’ouvrir aux autres. La semaine arabe est importante car j’y ai vu des gens découvrir la musique, des Arabes chanter en hébreu, des Israéliens pleurer en chantant en arabe, j’ai vu les gens dans des moments de fête, de musique ou de partage du savoir dénués de cloisons. C’est pourquoi il est tellement important de communiquer et de véhiculer toutes ces choses positives.

Pour résumer je crois que c’est cela que mes élèves et les semaines arabes m’ont apporté, cette victoire sur moi-même pour m’ouvrir à tout ce qui est évident dans la jeunesse, à tout ce que cette dernière est capable de regarder sans les préjugés des adultes. Je crois que c’est ça, vraiment. Ce plaisir de s’aventurer à chaque fois dans la nouveauté et de découvrir la chose en la faisant. Pour moi c’est cela vivre pleinement : j’ai vécu ma vie d’étudiante en étant prof, j’étais la prof et l’élève en même temps. Je le suis d’ailleurs toujours. J’apprends encore aujourd’hui des tas de choses.

Par exemple chaque année  il y a deux trois mois d’affres que je vis avec mes élèves en traduisant avec eux les poèmes qu’ils liront lors de la Semaine arabe. Et je vous assure que c’est épuisant, je peine avec eux pour traduire le sens des textes puis je les laisse libre de trouver la note juste en français. Ils m’apprennent alors comment ils réceptionnent ce texte en tant que francophones, plus familiers que moi avec la langue. On arrive à la Semaine arabe épuisés mais heureux de bien accueillir les poètes et les conférenciers, de voir que le public est content, de montrer que cette culture n’est pas que le tchador ou les barbes, le triptyque couscous-baklava-danse du ventre, mais aussi de montrer aux Arabes qu’une institution comme l’ENS peut s’intéresser à leur culture. Ces moments d’échange sont très importants, et c’est toujours un plaisir de voir les participants se découvrir les uns les autres.

Nous avons eu ainsi des moments très drôles, par exemple lors de la venue de la Prix Nobel de la Paix yéménite qui s’est mise à faire les louanges d’Alain Juppé face à des étudiants qui le détestaient clairement, les deux parties étant aussi butées l’une que l’autre !

La Semaine arabe, ce sont également des événements dont le retentissement dépasse les murs du monde académique…

Oui, comme la venue d’Edward Saïd ou de Mahmoud Darwish. Le premier ne pouvant pas venir pendant la Semaine arabe nous avions fait une exception en l’invitant quelques jours avant. Il avait mal et était déjà très malade mais la file d’attente pour la conférence allait jusqu’au Jardin du Luxembourg, c’était magnifique ! Quant à Mahmoud Darwish, la salle était tellement pleine à craquer que l’audience a passé des heures debout à l’écouter, quelle émotion. Lui lisait ses poèmes en arabe et un élève lisait la traduction que nous avions fait en français, c’était superbe.

Vous mentionnez beaucoup la poésie, cette dernière a-t-elle une place particulière dans la Semaine arabe ?

Sûrement parce que nous sommes en plein dans les traductions de poèmes pour l’édition de cette année ! (des étudiants viennent en effet d’arriver dans l’appartement). Nous invitons globalement beaucoup d’artistes, de poètes, de romanciers, comme Sonallah Ibrahim ou Jabbour Douaihy. Mais la poésie est peut-être particulièrement importante, c’est l’aspect le plus méconnu et le plus passionnant de la culture arabe.

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Parlez-nous de l’édition 2015 de la Semaine arabe qui porte sur la thématique « Fictions et Réalité ».

Cette année nous avons voulu répondre à la misère que nous avons senti après les événements de Charlie Hebdo, mais aussi par rapport à ce qui se passe en Syrie, en Irak, au Yémen et à Gaza. Il y a une détresse dans le monde arabe à laquelle tout le monde s’habitue, et une dissonance entre la gravité des choses et notre réaction ici. Nous ne réagissons qu’à certains événements : une ville entière peut s’écrouler sans qu’on en parle, alors qu’une femme portant un tchador fera la une des journaux. Il y a quelque chose d’incohérent. Les événements de Charlie Hebdo nous ont bouleversés, tout comme les réactions de ceux qui ont voulu faire feu de tout bois et sont partis en guerre. Il y avait une accusation adressée à tous les musulmans et une paranoïa de la part de ces derniers. Je trouvais cela très bizarre, le discours a viré au fantasme, on disait que la liberté d’expression était en danger : c’est le cas lorsqu’on vit dans un régime totalitaire comme la Syrie, où le régime torture et tue ceux qui sont en désaccord même minime avec lui. Mais pas dans un pays où l’on peut dire ce que l’on veut comme la France ! Les djihadistes qui ont perpétué ces crimes horribles ne sont pas au pouvoir ; pourquoi faire comme si c’était le cas ? D’où vient cette folie ? Et puis encore une fois ce qui n’est passé n’est pas le problème de l’islam, mais celui de la société française.

Avec cette Semaine arabe nous n’avons pas voulu parler de tout cela mais nous nous devions de faire l’état des lieux sur la liberté de création dans le monde arabe. En plus de la conférence inaugurale d’Alain Gresh j’attire votre attention sur la conférence de Milad Doueihi sur la science-fiction dans le monde arabe et les relations entre narration et poésie. Entre autres événements un super anthropologue (Marwan Kraidy) va nous parler des graffitis à travers la problématique du corps dans les révolutions arabes. Et le dessinateur Shennawy va faire une conférence et un atelier sur la caricature. Nous tenions à cet état des lieux, loin de toute polémique.

Pour conclure cet entretien, que est votre position sur la situation de la langue arabe dans l’enseignement en France, dont l’importance n’a d’égal que le manque de moyens mis à la disposition de cette dernière ?

L’Etat français peut et doit avoir les moyens car une partie de ses citoyens sont demandeurs. Pendant longtemps l’enseignement scolaire et extra-scolaire de la langue arabe a été le lot des ambassades qui envoyaient professeurs et imams. Ce n’est pas normal : la France est capable de former de très bon arabisants alors que le nombre de postes ouverts à l’agrégation chaque année est dérisoire. Ca ne va pas, il y a quelque chose qui va mal concernant cela. Et puis les arabisants qui appartiennent à plusieurs chapelles ne sont eux-mêmes pas d’accord entre eux sur les moyens à déployer pour agir. Tous s’accordent cependant à dire que nous devons développer l’enseignement de la langue arabe, qui a une place particulière dans le pays. Les Français d’origine arabe sont plus que mélangés au reste de la population. Mais en dehors de quelques points gastronomiques ou culturels un peu cliché c’est de lien organique dont nous avons besoin.

De quelle langue arabe parle-t-on cependant ?

Tout comme le français qu’on enseigne à l’école est du français écrit, c’est l’enseignement de l’arabe écrit qu’il faut privilégier. L’arabe écrit est celui que tous les arabophones -y compris pour ceux dont aucun dialecte arabe n’est la langue maternelle- peuvent comprendre, à mi-chemin entre le dialecte et l’arabe classique. Celui -pour les Français qui grandissent dans un environnement arabophone- que Maman ou Papa ne pratiquent pas forcément mais qu’ils comprennent et qu’ils sont amenés à utiliser pour parler à un Syrien ou un Egyptien. C’est une bonne base, j’en veux pour exemple mes élèves qui en arrivant au Caire se sentent en décalage en voulant communiquer en arabe classique, mais qui au bout de trois semaines ont saisi les passerelles qui leur permettent de parler et comprendre le dialecte égyptien.

La maison fait vivre le dialecte, pas l’école. Il peut être enseigné à la marge mais ne doit pas être le substitut à une langue dans laquelle tout le patrimoine existe, même moderne. On peut dire à un Français qui parle marocain à la maison de conserver son dialecte, mais sans l’arabe classique il n’aura accès qu’à une partie de son patrimoine.

Merci beaucoup pour cet échange passionnant, et assez émouvant !

Merci à vous ! Je suis une fidèle lectrice de « Ustaza à Paris » depuis un moment, alors que mes amis égyptiens ou yéménites m’appellent moi-même Ustaza, et que j’habite à Paris. Du coup j’avais l’impression que cette deuxième « Ustaza à Paris » était quelqu’un qui me faisait des clins d’oeil et que je devais rencontrer la personne qui se cachait derrière. C’est chose faite !

Propos recueillis par Coline Houssais.

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Cette entrée a été publiée le 10 avril 2015 par dans Interview, Magazine, et est taguée , , , .
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