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THEATRE: Darina Al Joundi revient avec « Ma Marseillaise »

* Samedi 2 février à 21h au Théâtre de la Bruyère, 5 rue de la Bruyère (IXe arr.). Facebookeries ici. Durée 1h25. Se reporter au site du théâtre pour les dates ultérieures (après-midi et soirées) ainsi que pour les tarifs. 

En 2007, la Libanaise Darina Al Joundi signait avec la complicité de l’écrivain algérien Mohamed Kacimi un texte évoquant la situation politique, sociale et religieuse au Liban à travers la condition de la femme, sous le titreLe Jour où Nina Simone a cessé de chanter (voir article webthea). Un récit bouleversant amorcé au décès de son père en 2001, écrit sous la forme d’un témoignage issu de son expérience de vie sur sa terre natale qui, avant son édition (Actes Sud 2008), a fait l’objet d’une mise en scène de Alain Timar, ouvrant sur un succès largement mérité durant quatre ans sur de nombreuses scènes françaises et étrangères.

Darina Al Joundi, revient aujourd’hui sous le même personnage de Noun dans un tout autre contexte. Ce jour-là, elle a un ultime rendez-vous pour obtenir sa naturalisation sur sa terre d’élection et de liberté : la France. “Je suis l’immigration choisie” dit-elle. Elle se prépare à cet examen de passage en chantant La Marseillaise qui figure dans les tests imposés, mais se souvient aussi du passé. De sa vie antérieure et des épreuves qui l’ont traversée, des souvenirs des femmes lui ayant apporté leur soutien et contribué à son départ du Liban pour le Canada et les Etats-Unis. Autant d’expériences qui lui ont forgé analyses et réflexions avec un caractère bien trempé.

Avant de devenir française, elle s’interroge aussi avec un humour acide sur la terminologie de son intégration : “ Naturalisation, qu’est-ce que ça veux dire “naturalisation ” ? Acclimatation naturelle des plantes et des animaux dans un lieu éloigné de leur région d’origine. Je dois donc bourgeonner ici comme une plante pour être naturalisée ?” Mais elle s’inquiète aussi plus sérieusement des menaces qui pèsent sur la laïcité de son futur pays. Dans la réalité, peu de temps avant la création de Ma Marseillaise, Darina AlJoundi, s’est vu refuser sa demande de naturalisation. Motif invoqué : “Insertion professionnelle incomplète”. Si ce rejet a modifié la fin du spectacle, il n’a en rien sapé son énergie et sa volonté de se battre jusqu’au bout, quoiqu’il lui en coûte, pour obtenir la réalisation de son souhait le plus cher.

Sur la scène, Darina porte son écriture – à laquelle elle intègre quelques citations de Taslima Nasreen, Caroline Fourest et Djemila Benhabib – en variant l’expression nuancée des sentiments qui la traverse. Dans sa robe bleue, environnée de cinq paravents blancs de papier symboliques conçus par Alain Timar, auteur de la mise en scène, elle est tour à tour enjouée, mutine, pleine d’espoir, meurtrie ou révoltée. Mais toujours combattante avec un amour tonique de la vie et de la liberté. Avec aussi une humanité qui touche au cœur et provoque l’empathie. Un spectacle attachant et sensible à plusieurs titres, qui vaut bien de nombreux discours politiques en évitant la langue de bois.

(n’ayant pas pu encore voir la pièce, la critique est empruntée à Jean Chollet, du site Webthea, qui s’approche de celle du Monde à l’occasion de l’édition 2013 du Festival d’Avignon où la pièce était présentée).

 

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Un commentaire sur “THEATRE: Darina Al Joundi revient avec « Ma Marseillaise »

  1. peltier serge
    10 février 2013

    genial sublime rien a dire de plus

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Cette entrée a été publiée le 2 février 2013 par dans Uncategorized, et est taguée , .
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